La marche des personnes âgées évolue souvent parce que le système nerveux adopte une stratégie privilégiant la sécurité plutôt que l’efficacité : les muscles autour de la cheville se contractent simultanément pour rigidifier l’articulation, ce qui réduit la poussée à chaque pas et conduit à des pas plus courts et une vitesse de marche plus lente, selon une étude publiée dans Gait & Posture. Pour atténuer ces effets, les auteurs recommandent d’associer entraînement de l’équilibre, exercices de coordination et renforcement des jambes plutôt que de se focaliser uniquement sur la force musculaire.
Sommaire
Qu’est‑ce que la co‑contraction et quel rôle joue‑t‑elle ?
La co‑contraction désigne la contraction simultanée de muscles antagonistes autour d’une articulation, ici la cheville. En se contractant ensemble, ces muscles augmentent la rigidité articulaire et stabilisent le pied au moment du contact avec le sol. Ce mécanisme rend la marche plus sûre sur le court terme, mais il réduit aussi la capacité de la cheville à produire une poussée efficace lors de la phase propulsive, d’où des pas plus courts et une diminution de la vitesse.

Pourquoi l’organisme change‑t‑il sa stratégie en vieillissant ?
Les chercheurs observent que, face aux changements liés à l’âge, le système nerveux opte souvent pour des solutions favorisant l’équilibre et la prévention des chutes. Cette adaptation aide à rester debout et à réduire le risque immédiat d’instabilité, mais elle a un coût énergétique : la marche devient plus exigeante pour les muscles, ce qui peut accroître la sensation de fatigue lors de longues distances.
Que se traduit‑il sur le quotidien des personnes âgées ?
Concrètement, la priorité donnée à la stabilité se traduit par une diminution de la longueur des pas et une vitesse de déplacement réduite. Ces changements peuvent compliquer les déplacements quotidiens, rallonger les trajets et rendre certaines sorties plus fatigantes. Il est fréquent de constater que des personnes bien intentionnées se concentrent uniquement sur le renforcement musculaire sans travailler l’équilibre ou la coordination, ce qui ne suffit pas toujours à restaurer une marche plus fluide.
Exercices utiles pour améliorer la fluidité de la marche
Les auteurs de l’étude insistent sur l’importance d’un entraînement varié. Parmi les approches bénéfiques, on retrouve :

- Tai‑chi et autres pratiques d’équilibre doux pour améliorer la stabilité et la proprioception
- Exercices d’équilibre simples (appui unipodal, transfert de poids contrôlé)
- Renforcement ciblé des muscles des jambes sans négliger la mobilité de la cheville
- Activités travaillant la coordination (marches en ligne, variations de cadence)
Comment s’y prendre sans augmenter les risques ?
Commencez progressivement, en privilégiant la régularité plutôt que l’intensité. Pour les personnes présentant des chutes répétés, des vertiges ou des douleurs persistantes, une évaluation par un professionnel de santé permet d’identifier des facteurs contributifs (équilibre, vision, médicaments) et d’adapter le programme d’exercices. Évitez les exercices éprouvants ou non supervisés si votre stabilité est très réduite.
FAQ
Pourquoi mes pas raccourcissent avec l’âge ?
Selon l’étude, une rigidification volontaire de la cheville par co‑contraction réduit la puissance de poussée à chaque pas, ce qui entraîne des pas plus courts et une vitesse de marche diminuée.
Le renforcement musculaire suffit‑il à améliorer la marche ?
Le renforcement aide mais n’est généralement pas suffisant seul : l’étude recommande d’associer renforcement, exercices d’équilibre et travail de la coordination pour obtenir des gains plus complets sur la marche.
Le tai‑chi est‑il une bonne option pour progresser ?
Le tai‑chi est cité par les chercheurs comme un exemple d’exercice d’équilibre utile. Il peut contribuer à améliorer la stabilité et la proprioception, mais son efficacité dépendra de la régularité de la pratique et de l’adaptation aux capacités individuelles.
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Jean P. Martin est un rédacteur passionné par la santé publique et le traitement des maladies chroniques. Son travail met l’accent sur la prévention et les méthodes innovantes.
